Emmanuelle Beauchamp
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Chronique · 16 octobre 2026

2 min de lecture · 1 lecture

Immigration des pays à majorité musulmane : −96 % aux États-Unis. Et nous ?

Pendant que Trump réduit de 96 % l'immigration issue des pays à majorité musulmane, Ottawa garde le cap et le Québec subit. Une leçon à tirer, non pas pour copier Washington, mais pour rappeler qu'un peuple souverain a le droit de dire non.

On peut détester Trump pour tout ce qu’on veut. On peut le trouver vulgaire, dangereux, imprévisible. On peut même trouver que les États-Unis restent trop américains pour notre goût. Mais quand il s’agit de freiner l’immigration en provenance des pays à majorité musulmane, force est de constater qu’il a livré.

Les chiffres sont là, et ils viennent pas d’un site militant. Ils viennent du Cato Institute, un think tank plutôt pro-immigration, qui a analysé les données officielles du State Department. Entre décembre 2024 et février 2026, les admissions légales (visas d’immigrant et réfugiés) en provenance de 45 pays à majorité musulmane ont chuté de 96,2 %. De 21 096 à 808. Les réfugiés de ces pays sont tombés à zéro. L’Afghanistan a pratiquement disparu des radars (de plus de 5 500 à 9). Le Pakistan, la Somalie, la Syrie, le Yémen… même traitement.

Ce n’est pas un hasard ni un effet de saison. C’est le résultat de décisions politiques assumées : restrictions de visas, contrôles renforcés, pause sur les admissions de réfugiés, suspensions ciblées. Trump a fait ce que beaucoup de gouvernements occidentaux refusent de faire : prioriser la sécurité et la capacité d’accueil réelle plutôt que les quotas symboliques et les bons sentiments.

Pendant ce temps, au Canada, Ottawa continue de nous servir le même discours. On parle de « seuils », de « capacité d’accueil », d’« intégration », mais les chiffres restent élevés, les communautés à forte immigration musulmane continuent de grossir, et les débats sur la laïcité, le halal, les demandes d’accommodements ou les enjeux de sécurité sont encore trop souvent traités comme des tabous. Le Québec, lui, n’a pas le plein contrôle sur ses frontières. On sélectionne un peu, on accueille beaucoup, et on subit les conséquences de politiques décidées ailleurs.

La question n’est pas de savoir si Trump est parfait. Il ne l’est pas. La question est de savoir si un pays a le droit de choisir qui il laisse entrer, en fonction de critères de sécurité, de compatibilité culturelle et de capacité réelle d’intégration. La réponse est oui. Et quand un gouvernement le fait de façon aussi nette, on peut bien critiquer le personnage, mais on ne peut pas nier le résultat.

Au Québec, on devrait tirer la leçon. Pas pour copier Trump, mais pour reprendre le contrôle. L’immigration n’est pas un droit. C’est un privilège. Et tant qu’Ottawa décidera des volumes et des sources, on restera des spectateurs de notre propre déclin démographique et culturel. La souveraineté, ce n’est pas juste un drapeau. C’est aussi le droit de dire non.

On a bein beau haïr Trump. Sur ce dossier-là, il a fait un bon coup. Le Canada, lui, continue de faire semblant que tout va bien.

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