Chronique · 22 septembre 2026
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La CAQ se cache derrière Christine Fréchette
Sur les pancartes, le nom de la CAQ a presque disparu. On lit désormais « Équipe Christine Fréchette », comme s’il s’agissait d’autre chose. C’est le même parti, le même bilan, le même fédéralisme habillé en nationalisme de circonstance. Immigration hors de contrôle, fiascos informatiques à répétition, aînés courtisés après avoir été abandonnés : le maquillage ne change rien au fond. Et ce n’est pas Donald Trump qui a cassé les routes, saturé les hôpitaux ou ouvert les vannes migratoires. C’est Québec et Ottawa.

Équipe Christine Fréchette, c’est la CAQ. Le maquillage le plus cynique de la campagne de 2026. Et trop de Québécois ne le savent toujours pas.
Regardez les pancartes. « Avançons ». Une photo. Le nom du candidat. En bas à droite, tout petit : Équipe Christine Fréchette. Le mot CAQ a presque disparu. Officiellement, le parti s’appelle désormais « Équipe Christine Fréchette, Coalition avenir Québec ». Sur le terrain, on cache le nom.
Ce n’est pas un hasard. Après huit ans au pouvoir, la Coalition avenir Québec est devenue toxique. Alors on change l’emballage. On vend « l’équipe Fréchette » comme s’il s’agissait d’une rupture. C’est la même formation, les mêmes réseaux, les mêmes réflexes, le même fédéralisme provincial déguisé en nationalisme de façade.
Un citoyen a même commencé à coller d’anciens logos de la CAQ sur les nouvelles affiches. Contrairement à trop d’électeurs, lui a compris le tour de passe-passe.

Christine Fréchette n’est pas une nouvelle venue. Elle est le produit de la machine Legault. Élue dans Sanguinet en 2022, ministre de l’Immigration de 2022 à 2024, ministre de l’Économie ensuite, puis première ministre depuis avril 2026. Elle se présente maintenant dans Trois-Rivières, sa ville natale. Même personnel, même doctrine.
Le bilan Fréchette à l’Immigration : la capacité d’accueil sacrifiée
Quand elle tenait le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, le Québec a connu l’une des plus fortes poussées démographiques de son histoire récente, presque entièrement portée par l’immigration permanente et temporaire.
Les conséquences sont concrètes : écoles qui débordent et classes d’accueil qui se multiplient, pression insoutenable sur le logement, hôpitaux et services sociaux saturés, délais de regroupement familial de trente-quatre mois au Québec contre environ douze mois ailleurs au Canada.
Elle a imposé des contingents serrés en regroupement familial. Des familles québécoises ont dû attendre des années. Un avocat l’a poursuivie. Ottawa a même menacé de contourner les seuils québécois. Pendant ce temps, le nombre de demandeurs d’asile et d’immigrants temporaires explosait. Québec réclamait des milliards à Ottawa tout en continuant d’ouvrir les vannes.
Lors de la course à la chefferie, elle a promis de rouvrir le Programme de l’expérience québécoise avec une clause de droits acquis… tout en jurant de respecter le plafond de 45 000 admissions permanentes. Les analyses internes du ministère, auxquelles elle a eu accès — ce que la commissaire à l’éthique a jugé inapproprié, indiquaient plutôt un effet de l’ordre de 125 000 personnes. Elle a longtemps tourné autour du pot. Bernard Drainville l’a accusée d’avoir dit « le contraire de la vérité ».
Ce n’est pas de la gestion responsable. C’est de la communication. On parle de « capacité d’accueil » le lundi et on administre l’inverse le mardi.
Les fiascos signés Fréchette et la CAQ
La liste s’allonge. Voici les plus lourds.
SAAQclic. Projet lancé sous les libéraux, explosé sous la CAQ. Le coût est passé d’environ 638 millions à 1,1 milliard. Mise en service catastrophique, files d’attente, documents égarés. Commission Gallant. Des ministres ont prétendu avoir été mal informés. Des documents ont été maquillés.
Northvolt. Usine de batteries annoncée en grande pompe, des centaines de millions d’argent public, projet abandonné.
SIFA et Santé Québec. Projet informatique estimé à 96 millions, projections qui ont grimpé vers le milliard. Le Conseil des ministres, sous Fréchette, a autorisé des centaines de millions supplémentaires malgré les signaux d’alarme des fonctionnaires et des firmes.
Troisième lien. Zigzag permanent. Promis, abandonné, relancé. Plus de 47 millions déjà dépensés en études. Coûts potentiels de 5 à 9 milliards selon les versions. Toujours rien de construit.
Pandémie et CHSLD. La première vague a été un carnage dans les résidences pour aînés. Manque de personnel, de matériel, de préparation. Des milliers de morts. La CAQ a ensuite traité les aînés comme un électorat captif.
S’ajoutent les gaspillages en série : Espaces bleus, Panier bleu, investissements douteux, chèques électoralistes, dépassements informatiques à répétition.
Pendant ce temps, la dette grimpe, les routes sont dans un état lamentable, les urgences débordent et le prix de tout augmente. Ce n’est pas un accident. C’est le fruit de huit ans de gouvernement.
La tournée des résidences : la peur plutôt que la franchise
Ces derniers jours, Christine Fréchette multiplie les visites dans les résidences pour personnes âgées. Elle annonce des crédits d’impôt, du soutien à domicile, des places. Elle joue la carte de la compassion. En même temps, le discours officiel insiste sur Trump « l’intimidateur », les tarifs, la menace américaine.
C’est habile et c’est malhonnête. Elle fait volontairement peur aux aînés pour gagner leurs cœurs et leurs votes. C'est de la manipulation !
L’inflation que vivent les aînés, l’état des routes, la saturation des hôpitaux, le prix de l’essence, la pression migratoire sur les services : ce n’est pas Donald Trump qui a fixé les seuils d’immigration du Québec, qui a géré SAAQclic, qui a laissé pourrir les CHSLD, qui a multiplié les projets informatiques hors de contrôle, qui a fait exploser les dépenses courantes.
C’est le gouvernement du Québec, la CAQ et le gouvernement fédéral libéral. Deux paliers du même régime fédéraliste qui se renvoient la balle depuis des décennies.
Utiliser la peur de Trump pour éviter de regarder le bilan caquiste, c’est insulter l’intelligence des personnes qui ont bâti ce pays. Les aînés méritent mieux que d’être traités comme un réservoir de voix qu’on rassure avec des chèques et qu’on effraie avec l’étranger.
Un nationalisme de papier
La CAQ a toujours vendu un nationalisme « responsable », « économique », identitaire édulcoré. En réalité, elle a administré le Québec comme une province modèle du fédéralisme canadien : plus d’immigration que la capacité réelle, plus de dépenses que de résultats, plus de communication que de courage.
Le vrai enjeu n’est pas de savoir si l’on « avance » avec l’équipe Fréchette. C’est de savoir si le Québec accepte encore d’être géré par une classe politique qui change de nom quand le précédent est usé, qui blâme Washington quand Québec et Ottawa ont échoué, et qui traite l’identité nationale comme une formule plutôt que comme un projet.
Le fédéralisme canadien n’a jamais été conçu pour qu’une nation comme le Québec contrôle pleinement ses frontières, sa langue, ses finances et son avenir. La CAQ a choisi de jouer dans ce cadre. Le résultat est sous nos yeux : écoles saturées, hôpitaux à bout, routes trouées, aînés instrumentalisés, et maintenant des pancartes qui n’osent même plus dire le nom du parti.
Ceux qui veulent un Québec qui décide vraiment de qui entre, de combien, de comment on soigne les nôtres et de comment on protège le français n’ont pas besoin d’une « équipe » relookée. Ils ont besoin d’un projet souverain.
Les pancartes mentent par omission. Le bilan, lui, ne ment pas. Le 5 octobre la CAQ c'est dehors !

