Emmanuelle Beauchamp
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Chronique · 13 octobre 2026

2 min de lecture

PSPP et l’immigration : enfin le gros bon sens, ou presque

Paul St-Pierre Plamondon propose enfin de réduire drastiquement l’immigration au Québec : moitié moins de temporaires, sélection sur le français, moratoire sur l’économique permanent venant de l’étranger et seuil fixé à 35 000. Pour une fois, on sort des demi-mesures. Reste à savoir si ce gros bon sens tiendra face à Ottawa ou s’il faudra l’indépendance pour le rendre irréversible.

Paul St-Pierre Plamondon a dévoilé son plan. Moins de temporaires, sélection sur le français, moratoire sur l’économique permanent venant de l’étranger, seuil à 35 000, et rapatriement des pouvoirs d’Ottawa. Pour une fois, on n’est pas dans les demi-mesures et les promesses dilatoires de la CAQ.

Depuis des années, on nous a fait avaler que 500 000 temporaires sur le territoire, c’était « normal », que les classes modulaires, c’était la modernité, que le déclin du français à Montréal, c’était une fatalité, et que contester les volumes, c’était fermer la porte ou pire. Non. Contester, c’est constater que le Québec n’a plus la capacité d’accueillir sans se diluer, sans se paupériser et sans perdre le contrôle de sa langue.

Le plan de PSPP a le mérite de le dire clairement : on sélectionne d’abord ceux qui sont déjà ici et qui maîtrisent le français (niveaux 7 à 9), on protège l’agriculture et le manufacturier, on coupe le robinet des programmes fédéraux (PMI et compagnie), et on fixe un plafond réaliste. Ce n’est pas de la fermeture. C’est de la planification. C’est reconnaître qu’une société qui ne peut plus franciser, loger et soigner ses nouveaux arrivants n’accueille plus : elle subit. Mais restons lucides. Même à 35 000 permanents et 200-250 000 temporaires, on reste dans une logique de gestion de province.

Tant qu’Ottawa contrôle les visas, les demandeurs d’asile et une bonne partie des permis temporaires, Québec négocie avec les mains liées. Le rapatriement des pouvoirs est nécessaire. L’indépendance est la seule façon de le rendre définitif. Un pays décide de ses frontières. Une province quémande.

Ce plan est un pas dans la bonne direction. Il reconnaît enfin que l’immigration massive non maîtrisée a un coût : sur la langue, sur le logement, sur les services, sur la cohésion. Pour ceux qui en ont marre des classes modulaires, des files d’attente et du français qui recule dans les cours d’école, c’est du gros bon sens. Pour les autres, c’est « fermer la porte ». Qu’ils assument. On ne peut pas tout avoir : des volumes records et une société qui reste francophone et fonctionnelle.

Le vrai test, maintenant, c’est de savoir si PSPP tiendra face à Ottawa, aux lobbys et à la tentation des compromis. Parce que le gros bon sens, ça ne se négocie pas.

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